L'hiver approche, et avec l'hiver vient le besoin de réconfort, de moments conviviaux dans la chaleur d'un appareil à raclette.
N'entendez vous pas déjà ces phrases traditionnelles, versets sacrés des anciens, répétés et transmis entre générations depuis la nuit des temps :
- Qui veut de la charcuterie ?
- Qui a le fromage ?
- Il y a encore des patates ?
- Ah, ya un fromage qui crame !...
Douce poésie des chaumières heureuses.
Ah qu'ils doivent être tristes, et longs, et lugubres, les mois sombres des pauvres gens qui ne connaissent pas la raclette.
Pensez à ces saveurs inégalées du fromage doucement fondu, qui coule et se glisse avec vice au creux de votre patate fendue, le tout recouvert d'une fine tranche de charcuterie fumée.
Mais tout ceci n'est rien sans le bon vin ! Ce serait comme une partie fine sans finesse !
Et qu'est-ce que le bon vin ? Avant tout c'est le vin qui vous plaît.
Oui, mais ce n'est pas suffisant comme conseil.
Nous allons tenter de vous aiguiller.
Entendons-nous, la raclette c'est beaucoup de gras.
A mi-chemin de votre marathon gargantuesque, il faudra donc « rincer » tout ce gras.
Il nous faut donc du gouleyant, du sec, du fruité. Du qui glisse tout seul.
Vous avez déjà les papilles ivres de volupté, point n'est besoin d'en rajouter avec un gros rouge charpenté, qui vous remplirait la bouche à lui seul.
Non, là ce qu'il vous faut, c'est un compagnon de l'effort, un facilitateur, un aiguillon qui vous aidera à supporter les trop lourdes charges de fromage.
Donc du blanc sec, et du rouge fruité avec une pointe d'acidité bien sentie.
Pour les régions, une règle de base veut qu'un plat se marie très bien avec les vins de sa région. Allez-y donc avec les vins de Savoie, blancs et rouges, à base de Mondeuse, Roussane, Roussette et autres cépages des montagnes. Les yeux fermés.
Mais il faut avouer que ces vins ne sont pas des plus répandus. Et vous pourrez voyager allègrement dans d'autres régions, qui ont aussi leurs trésors.
En blanc, les vins à base de Roussane et Marsanne auront un agréable effet structurant et vous redresseront une bouche épuisée.
Les blancs de Côtes-du-Rhône pourront avoir cet effet salvateur.
En Alsace, piochez dans les Chasselas, Sylvaner, et pourquoi pas également un Riesling bien sec et minéral.
Ou bien, tout à l'Ouest, un Muscadet qui pourra même être légèrement perlant, pour votre plus grand plaisir.
Tiens, en parlant de perlant, tentez un Gaillac perlé, ou plus largement un blanc sec de Gaillac.
En rouge, évitez les Bordeaux classiques, évitez les rouges trop tanniques ou trop boisés.
Pour rester dans les montagnes, il faut essayer un Poulsard du Jura.
Vous pouvez tenter également un Pinot Noir d'Alsace.
Des rouges de Loire destinés à être bus jeunes, sur le fruit, feront également très bien l'affaire.
Regardez également autour de la région lyonnaise, comme le Beaujolais, avec le fruité du Gamay. La gastronomie lyonnaise s'y connaît en gras...
Ah les tripes, ah les pieds de cochon… Bon, ce sera l'objet d'un autre article.
En résumé, au-delà de la région, nous vous conseillons : blanc sec ou rouge fruité avec un peu d'acidité.
Ce ne sont que des conseils, ce qui compte avant tout, c'est votre propre plaisir gustatif !
Bonnes raclettes !