Avant votre verre, un parcours semé d'embûches

Préalablement à une explication des différentes méthodes, il est essentiel de bien planter le décor, afin que vous saisissiez un peu l'ambiance !
La vigne est une dure à cuire. Elle n'a peur ni des sols pauvres ni du manque d'eau, elle peut pousser sur la roche, elle se contente de peu. Mais elle a aussi ses vulnérabilités, ses parasites et ses maladies.
Voici un petit florilège, au hasard, des calamités potentielles qui guettent le pied de vigne :
flavescence dorée (dont vous avez peut-être entendu parlé grâce à Emmanuel Giboulot qui ne voulait pas appliquer de traitement chimique sur sa vigne en bourgogne), black-rot, vers de grappe, coulure, mildiou, oïdium, esca, court-noué, fléaux météorologiques divers...
Prendre soin d'un vignoble n'est pas de tout repos, et tient bien souvent du sacerdoce.
Quand vous avez de beaux fruits, arrivés à une belle maturité sans trop de pertes ni de déconvenues, il vous faut encore le transformer en vin.
Sans bons fruits, pas de bon vin, mais la réciproque n'est pas vraie.
Toutes sortes de maladies peuvent également s'attaquer aux jus avant que le vin n'arrive dans votre verre. Même après la mise en bouteille, sa stabilité n'est pas garantie.
Dès leur arrivée au chai, il faut donc entourer ces grappes fraîchement cueillies du plus grand soin.
Rien n'est laissé au hasard durant la vinification : il faut être vigilant sur la propreté des lieux, la rapidité d'exécution, la température, le nombre d'actions mécaniques que va subir la récolte... La moindre erreur peut coûter cher et ruiner tous les efforts à la vigne.
L'élevage est ensuite un autre numéro d'équilibriste, pendant lequel il faut surveiller et maîtriser l'évolution du vin, tout en douceur.

Bref, entre la poésie et le purin, il n'y a qu'un pas
. Et si vos vins ne puent pas une fois dans votre verre, c'est le résultat d'un talent certain !

Une phase de transition

Après cette entrée en matière, vous comprendrez que la question des méthodes de culture et de vinification n'est pas qu'un problème de choix philosophique ou de positionnement marketing.
C'est aussi une question de savoir-faire et d'adaptation au terroir.
Par exemple, il est plus « facile » de faire du bio dans un climat sec et bien ventilé, qu'au fond d'une vallée humide.
Avec ce qu'on lui donne au départ, c'est à dire une vigne dans un terroir donné, comment le vigneron arrivera à transmettre, dans les meilleures conditions possibles, ce concentré d'émotions qu'est le vin ?
" Les grands vins sont comme un concert, le terroir est la partition, la vigne est l'instrument et le vigneron est l'interprète. "
Lydia Bourguignon

Le vigneron dispose de nombreux outils et techniques, qui ne répondent pas tous à la même philosophie.
Comme l'agriculture en général, la viticulture sort d'une longue période productiviste. Malgré les tabous et les contraintes économiques, le voile se lève sur certaines pratiques qui mettent en danger la santé de l'homme et de son environnement.
Avec l'agriculture productiviste, on a méprisé le savoir des anciens, et considéré que la chimie à outrance était la seule réponse à tous nos problèmes. Exit l'art, le vigneron devenait un super-technicien.
Mais le monde du vin évolue avec la société. Les méthodes du tout chimique sont remises en question par certains, qui tentent d'y introduire plus de discernement et d'esprit critique.
On tend vers une exigence de produire et de consommer moins et mieux.
Nous vivons peut être la naissance d'une révolution. Mais il n'est pas facile de faire évoluer les pratiques, et il faut le faire avec intelligence.
Reste que pour le simple amateur, les labels fleurissent et les passions se déchaînent, sans qu'on saisisse toujours les tenants et aboutissants des choix de méthode culturale.

À suivre : explication des différentes méthodes...