La chaleur de l'été précoce a mis vos nerfs à rude épreuve et vous avez craqué.
Ce joli stock de rosé amassé patiemment tout l'hiver a déjà fondu de moitié ! Et le mois d'Août est encore loin !!

Pas de panique, il en reste plein sur Grappons-nous !

Mais avant ça, une petite explication s'impose.

Le rosé, c'est quoi exactement ?

Du vin rouge mélangé à du vin blanc ? En Australie ou dans certains restos véreux, peut-être... Mais chez les vignerons français, non ! (exception faite des champagnes rosés, mais c'est une autre histoire).

Le rosé est bien un type de vin à lui seul.
Alors comment fait-on ?

Rosé de presse

On peut obtenir du vin blanc avec des raisins rouges.
Par quel miracle ?
Parce que c'est la peau des raisins rouges qui colore. La pulpe n'est pas colorée (sauf cas de cépages dits « teinturiés »).
Dans l'élaboration du vin rouge, c'est donc le contact du jus avec les peaux de raisin qui lui apporte sa couleur.

Pour le rosé de presse, partant de raisins rouges, on presse le tout plus ou moins fortement.
Le jus qui s'égoutte est directement mis en cuve pour la suite de l'élevage. Le contact du jus avec les peaux a donc été très limité, ce qui donne à notre poupon ces jolies joues rosées et délicates.
Ces rosés sont généralement clairs et délicats.

Rosé de saignée

Le rosé de saignée (ou de macération) a un début de vie qui ressemble plus au vin rouge. On foule les grappes, ce qui fait éclater les baies, et on plonge le tout dans une cuve.
Le jus et les baies macèrent ensemble. Le contact avec les peaux est donc plus appuyé que dans la méthode précédente.
Si on laissait la macération se prolonger trop longtemps, on obtiendrait du vin rouge.
Ce n'est pas l'objectif ici ! On pratique donc une sorte de « saignée », en retirant le jus prématurément.
La macération dure de 8 à 48h, et on récupère le jus pour mise en cuve avant qu'il n'adopte une teinte trop rouge. L'élevage se poursuit ensuite.
Par le contact avec les peaux, il y a plus d'extraction de matière que pour les rosés de presse.
Ainsi les rosés obtenus par cette méthode ont généralement une couleur plus appuyée et plus de corps et de rondeur que les précédents. Ils seront plus faciles à marier à des repas consistants.

Un peu d'histoire pour finir

Le rosé n'est pas un vin moderne. Sa consommation est en forte hausse depuis quelques années, mais c'est en fait l’ancêtre des vins rouges. Depuis l'antiquité jusqu'à la fin du 17ème siècle, les macérations étaient généralement courtes et le vin produit peu coloré. Le goût pour les rouges plus « nourrissants » ne s'est généralisé qu'au début du 18ème siècle.

Bordeaux a longtemps fait sa réputation sur les Clairets (ou Clarets) très appréciés des Anglais et de l'Europe du Nord. L'appellation Bordeaux Clairet est aujourd'hui protégée et revient en force avec la mode des rosés.

Voilà, vous savez à peu près tout.

Servez vos rosés entre 8° et 12°C, sur tous vos plats estivaux ou lors d'une partie de pétanque endiablée.
Pour le respect du produit nous le recommandons au naturel, mais personne ne vous empêchera d'y ajouter des glaçons, du pamplemousse, des olives ou de l'eau de piscine... Après tout, à chacun ses plaisirs !


Crédits photo :
https://www.flickr.com/photos/99706198@N00/7446686944
http://fr.wikipedia.org/wiki/Vin_ros%C3%A9#mediaviewer/Fichier:Raisin_noir_%C3%A0_jus_blanc.png
CIVP - Conseil Interprofessionnel des Vins de Provence
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Tricheur_%C3%A0_l%27as_de_carreau#mediaviewer/Fichier:La_Tour_Le_Tricheur_Louvre_RF1972-8.jpg